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Décret sur l'eau: la goutte qui fait déborder le vase
08-03-2010
Démonstration de force des agriculteurs de la région aujourd'hui à Mont-de-Marsan. Environ un millier d'entre eux ont défilé entre les arènes et la Préfecture pour demander le retrait de la loi sur l'eau (1). Elle prévoit l'organisation collective des prélèvements d'irrigation et la fixation des volumes prélevables par usages. Selon la Chambre d'Agriculture, cette nouvelle disposition réduirait de 15 000 hectares les superficies irriguées dans le département (2) (dont 9 200 sur le bassin de la Midouze). Pis: la loi sur l'eau engendrerait une baisse du produit agricole de 29%, soit une perte de 8M€ de chiffre d'affaires. Solidaire des agriculteurs sur ce point, le Conseil général des Landes demande la révision de la nouvelle législation. "Le problème est que l'on change les méthodes d'évaluation, sans prendre en compte les besoins existants", regrette le président du Conseil général Henri Emmanuelli. "Avant, nous avions un système assez souple et progressif. La nouvelle loi détermine de façon arbitraire les autorisations de prélèvements sur dix ans. Nous demandons donc une refonte de cette loi, qui ne conduirait pas à une réduction des surfaces irriguées", poursuit-il.
Renforcer la ressource en eau, mais pas seuls
Mais voilà: compte tenu du déficit en eau du département (3), l'urgence est de proposer un avenir durable à notre irrigation. Pour cela, "l'Institution Adour a proposé début 2009 un programme de renforcement de la ressource en eau", rappelle Robert Cabé, Premier vice-président du Conseil général et membre de l'Institution. Cette dernière a identifié 12 ouvrages prioritaires (barrages, retenues d'eau...), dont 8 sur le département: 5 sur l'Adour, 4 sur la Midouze et 3 sur Luyts-Louts. Coût global estimé: 89M€. Si les Départements concernés ont donné leur accord de principe pour leur financement, l'Etat s'est désengagé sur ce dossier depuis 2009. "L'Etat refuse de prendre en charge une partie du financement de ces nouvelles ressources, ce serait donc aux seules collectivités locales de supporter leur coût", condamne Isabelle Cailleton, conseillère générale en charge de l'agriculture. "En 1985, sa participation s'élevait à 40%, puis à la fin des années 90, il l'avait abaissé à 25%, notamment pour le réservoir du Gabas. Début 2009, il s'est complètement désengagé, reportant sur les collectivités et les usagers le financement de ces ressources". Autre point d'achoppement: la Région a mobilisé 2M€ pour le financement des 12 ouvrages, mais les agriculteurs préfèreraient qu'ils soient affectés aux petits réseaux d'irrigation, plutôt qu'aux projets présentés par l'Institution Adour.
(1) Avant la loi sur l'eau de 2006, les surfaces irriguées étaient autorisées par l'Etat, sans cadrage. La régulation des prélèvements était activée en cas de sécheresse et mise en place par des mesures de restriction progressive.
(2) Le département des Landes est le département le plus irrigué de France, soit 46% de la surface agricole utile, ce qui représente 100 000 hectares.
(3) Selon l'Institution Adour, le déficit en eau est évalué à 30M m3, répartis sur les Landes, le Gers et les Hautes-Pyrénées.
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